Trois nouvelles variétés de riz introduites par l’ITRA obtiennent l’avis favorable des producteurs
DEGUSTATION RIZ

Trois nouvelles variétés de riz introduites par l’ITRA obtiennent l’avis favorable des producteurs

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Avec leur rendement potentiel de 10 tonnes à l’hectare, les variétés de riz EXBAIKA, IR 64 et JASMINE 85 introduites et testées en station de recherche ainsi qu’en milieu paysan avec l’implication des producteurs, reçoivent l’approbation des acteurs de la filière.

Cette approbation a été obtenue lors des tests de dégustation organisés du 27 au 30 mars 2024 par l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) avec la facilitation du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-Togo) dans les différentes régions agricoles.

Pour cette évaluation, les participants s’étaient prononcés sur l’usinage et les qualités organoleptiques des variétés de riz EXBAIKA, IR 64 et JASMINE 85 ainsi que du témoin IR 841(variété la plus cultivée au Togo).

L’appréciation de l’usinage était basée sur des critères tels que la longueur des grains, la couleur, le taux de brisure et l’acceptabilité générale du décorticage. Pour les qualités organoleptiques, les participants ont évalué l’aspect gonflant, l’aspect collant, le goût, l’arôme et l’acceptabilité générale de la dégustation.

Ces tests de dégustation font suite à des évaluations techniques menées au champ sur les performances agro-morphologiques des mêmes variétés.

Dans le canton de Nano (région des savanes) par exemple, au niveau de l’usinage, les participants ont apprécié dans l’ordre, EXBAIKA dont le riz a présenté un très bon taux de long grains suivi du IR 64 de JASMINE 85 et du IR 841.

Au niveau des qualités organoleptiques, la première variété appréciée était EXBAIKA par rapport à sa couleur, son aspect physique, son goût, son arôme. Elle est suivie dans l’ordre de IR 841, Jasmine 85 et IR 64.

« Ce matin nous avions été très contents puisque notre problème majeur à l’usine ces dernières années en tant qu’entreprise de transformation du riz locale, c’est les brisures. Je pense que cette vulgarisation vient à point aider nos petits problèmes auxquels nous sommes confrontés à la transformation et aussi améliorer la qualité au niveau des consommateurs », se réjouit KOMBATE Damtaré, membre de la rizerie Tône (ancien ESOP Dapaong).

Pour ce qui concerne le cycle de production, la variété IR 64 est relativement plus précoce (90 à 95 jours), la variété EXBAIKA a un cycle intermédiaire (100-105 jours) alors que IR 841 et JASMINE 85 bouclent respectivement leur cycle en 120 jours et 125 à 130 jours.

« Sur les 4 variétés que nous avions eu à déguster, personnellement j’ai choisi le IR 64 compte tenu de son goût. En plus, elle est plus précoce comparé au IR 841 que nous avons l’habitude de faire », confie SAGA Victorine, présidente du groupement Nulanyo d’Agomé-glozou.

Egalement impliqués dans les évaluations techniques menées au champ sur les performances agro-morphologiques et les tests de dégustation, les semenciers se disent prêts à satisfaire les besoins exprimés par les producteurs.

« Nous en tant que semenciers, notre devoir c’est de produire ce que le paysan veut pour que les variétés qui sortiront ne dorment pas », s’engage Karsongue Compara, semencier dans la région des Savanes.

L’importance d’avoir une diversité de variété

Aussi bien valable pour le riz que toute autre culture, la diversité de variétés est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire réduisant ainsi la dépendance à une seule variété et prévenant les risques de pénuries alimentaires. Cela permet également de promouvoir la résilience agricole face aux maladies spécifiques à certaines variétés et aux conditions climatiques changeantes.

L’autre avantage de la diversité des variétés et pas des moindres, c’est de pouvoir s’adapter aux préférences culinaires locales en termes de goût, texture et utilisation, contribuant ainsi à la préservation des traditions alimentaires des populations.

« Pour le producteur, je crois que c’est bien d’avoir une diversité de variétés parce que quand on a qu’une seule variété, dès que les bioagresseurs trouvent une faille sur cette variété, on peut perdre toute la production d’une campagne dans un pays donné », soutien Dr DEWA Kassa Messan, chef programme national de la recherche sur le riz à l’ITRA.

En termes création variétale, le programme riz a entamé des travaux depuis 2017. De 18 lignées, ils sont aujourd’hui à 13 lignées. Cette année, des tests en milieu paysan sont prévus entre juin et juillet.

« Nous avons quand même espoir que sur nos 13 lignées, nous pouvons avoir trois (03) ou quatre (04) qui vont vraiment présenter une bonne performance », espère le chef programme.