Dans la dynamique de souveraineté alimentaire et nutritionnelle ainsi que l’amélioration des revenus des acteurs de la chaîne de valeur agricole, l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) a initié un renforcement de capacités de ceux-ci sur les bonnes pratiques de production et de stockage pour la maîtrise des aflatoxines.
Les aflatoxines sont des toxines produites dans les denrées (arachide, maïs, sorgho, riz, etc.) par des champignons tels que Aspergillus flavus avec des risques sanitaires et de pertes économiques importantes.
Selon le formateur principal Dr TEDIHOU Ekanao, chercheur en phytopathologie et coordonnateur du Centre National de Spécialisation (CNS) Bioagresseurs de l’ITRA, la prolifération des aflatoxines est favorisée par la pauvreté du sol, l’envahissement des mauvais herbes et des ravageurs ou autres maladies, certaines mauvaises pratiques à savoir la récolte tardive, le séchage insuffisant, les lieux de stockage humides ou mal ventilés, l’humidité élevée pendant le séchage, l’absence de tri, la mauvaise manutention, etc.
« Pour éviter la contamination des produits alimentaires, c’est une lutte intégrée que nous menons. Il y a le choix de la semence, le calage de la production dans la saison, la méthode de récolte, les bonnes pratiques de récolte et post-récolte (séchage, stockage et transport). À chaque étape il y a des dispositions à prendre pour éviter de finir avec un produit toxique et donc dangereux pour la santé », a partagé Dr TEDIHOU.
Un nouvel impact du Technoparc de l’ITRA
Cette séance de renforcement de capacités est une réponse favorable de l’ITRA à une sollicitation d’un partenaire stratégique, OTI OIL, dans le cadre d’une convention reliant les deux entités pour la promotion et l’adoption des technologies promues au sein du Technoparc (parc de technologies et d’innovations agricoles) de l’ITRA à Davié avec le soutien du FSRP et du CORAF.
Elle a permis à une trentaine de bénéficiaires dont des représentants des coopératives Doumondo1 de Barkoissi, Dingoh de Mango et Adepoba de Gando dans la région des Savanes accompagnées par OTI OIL et de quatre autres coopératives de la région Maritime à savoir Véviédodo de Dzolo, Kékéli, La main de Dieu et Novissi d’Atti-apédokoè.
Grâce aux informations partagées par le formateur, les participants ont pu comprendre que la maîtrise des aflatoxines permet de réduire considérablement les pertes post-récolte.

Ce qui amène SAMBIENI N’danyema, membre de la coopérative Doumondo 1 de Kpandini à Barkoissi dans le canton de Galangachi, à s’engager dans la sensibilisation de ses co-membres sur l’importance pour eux de bien prendre soin de leur culture et de bien sécher les produits issus de la récolte afin de fournir à l’entreprise OTI OIL, des graines d’arachide de bonne qualité pour la transformation en huile.
« C’est aujourd’hui que j’ai su que lorsque les cultures sont abîmées, il ne faut ni consommer, ni donner aux animaux, ni vendre. Il faut les jeter. Arrivée chez moi dans ma coopérative, je vais partager avec les autres collègues ce que les aflatoxines causent sur nous et sur les animaux », confie dame SAMBIENI.
De son côté, monsieur AMOU Kokouvi, secrétaire de la coopérative Véviédodo de Dzolo dans la préfecture de l’Avé, s’aperçoit que la présence des aflatoxines peut constituer un handicap pour la mise sur le marché des huiles qui seront issues de leur unités de fabrication d’une capacité de cinq(05) tonnes par jour installée avec l’appui du projet WACA du ministère de l’environnement.
« Nous remercions l’ITRA, le CORAF et le FSRP pour cette opportunité parce qu’avant, nous n’avons pas d’informations sur les aflatoxines. Aujourd’hui que nous avons suivi cette formation et que nous avons l’information, nous saurons quelles méthodes adoptées pour éviter la contamination et avoir un produit sein à mettre sur le marché », raconte le secrétaire de la coopérative Véviédodo.
A ce jour, l’ITRA dispose de trois Technoparcs dont un à Davié (Maritime), un à Sarakawa (Kara) et un à Dapaong (Savanes). Les bonnes pratiques agricoles et techniques améliorées de séchage et de stockage permettant de mieux conserver les récoltes afin qu’elles restent propres à la consommation y sont promues.
Présent à cette séance de renforcement de capacités, le Directeur Général de l’ITRA, Monsieur DOUTI Lardja a démontré aux participants comment la maîtrise des aflatoxines peut contribuer à augmenter la disponibilité des denrées alimentaires avec des impacts positifs sur la souveraineté alimentaire et l’amélioration des revenus des braves agricultrices et agriculteurs.