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Capacités renforcées pour une production durable

Anacarde : les producteurs de la Kara renforcent leurs capacités en lutte intégrée face aux défis du changement climatique

Après les producteurs des régions de la Maritime, des Plateaux et de la Centrale, c’est au tour des producteurs d’anacarde de la région de la Kara de renforcer leurs capacités en matière de fabrication et d’utilisation de biofertilisants et de biopesticides à base d’essences végétales et produits locaux.

Une initiative  de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), soutenue par la GIZ et qui s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de la lutte intégrée contre les bioagresseurs, dans un contexte de changement climatique favorisant la prolifération et la recrudescence des ravageurs et maladies.

Selon Dr BANLA  Tèkondo, Chef programme national fruits, palmacées et ressources agroforestières au centre de recherche agronomique zone forestière (CRAF) de l’ITRA, l’initiative découle d’une plainte formulée par les producteurs d’anacarde qui ont relevé un certain nombre d’attaques de maladies et des insectes, surtout certains foreurs et de la Gommose.

« Sur le terrain, il a été constaté que les producteurs ont l’habitude d’utiliser les produits chimiques dont les origines ne sont pas maîtrisées. C’est des produits tout venant et nous nous sommes dit pourquoi ne pas apporter cette contribution en les formant pour l’utilisation des bio fertilisants que ce soit pour le traitement des bio-agresseurs ou de la fertilité des sols et des plantes », clarifie Dr BANLA  Tèkondo.

Phase théorique

Lors de la phase théorique, les bénéficiaires, ont été outillés sur les principes de la lutte intégrée et les différentes méthodes permettant de prévenir et de gérer les attaques de bioagresseurs dans les plantations d’anacardiers.

Les participants ont été sensibilisés à l’identification des matières premières, aux techniques de préparation, aux modalités d’application ainsi qu’aux précautions à prendre pour garantir l’efficacité et la sécurité des produits finis.

Le formateur expliquant le rôle de chaque essence
Le formateur expliquant le rôle de chaque essence

Une attention particulière a été accordée à la catégorisation des essences végétales identifiées dans les environnements immédiats des bénéficiaires. Pour les biofertilisants, il s’agit de Mucuna pruriens (Mucuna en français, Kpengblé koumouré en Kotokoli, Inlaré en Konkomba, Azafiah ou yovoto en Ewé) ; ou Stylosanthes sp. (kossiama en Gourma), Hyptis suaveolens (Hyptis en français, botoufadini en Kotokoli, botounézé en Kabyè, moutiké ou mougbé en Ewé, djounwoubde en Moba)

La catégorie des Biopesticides regroupe Azadirachta indica (Neem en Français, Kini en Kabyè et en Kotokoli) ; Thitonia sp. (Tournesol mexicain en français, Hatoufémfém en Kabyè) ; Ocimum basilicum (Basilic en français, Fokinizorou en Kotokoli, Nounoubgue en Moba) ; Rottboellia cochinchinensis (Rottboellia en français, Kizéme en Kotokoli, Douako en Moba).

« Aujourd’hui dans la transformation de nous paysans, en entrepreneurs agricoles, nous sommes appelés à aller vers l’information et en allant vers l’information on est en train de découvrir que ce que nous avons dans notre environnement et qu’on a arrachait, sont aujourd’hui des herbes utiles », confie ADJEMINI Koriko, président de la Fédération Nationale des Coopératives de Producteurs d’Anacarde (FNCPA Togo).

Préparation

Les participants ont été initiés aux principales étapes de la production conformément aux recommandations de l’Institut public fédéral brésilien de recherche agricole (EMBRAPA). Pour le biofertilisant par exemple, ils ont haché finement les herbes fraîches qu’ils ont mises par la suite dans une bombonne avant d’y ajouter de l’eau non traitée de pluie, des additifs tels que la bouse de vache fraîche, l’urine et le lait de vache, du sucre en poudre ou (fruits de banane ou ananas ou autres), de la cendre de bois de chauffe ou de charbons de bois.

Incorporation des ingrédients
Incorporation des ingrédients

Le mélange a été remué pendant une trentaine de minutes et la bombonne fermée avec un tissu perméable permettant la pénétration de l’air. Vue que la fermentation dure 30 jours, la formation a pris fin avec les consignes claires de remuer le mélange pendant 10mn et 3 fois par jour. Recueillir et filtrer le fertilisant après 30 jours de fermentation et le mettre dans des bidons pour stockage et conservation.

NB : L’eau de pluie non traitée peut être substituée par l’eau de rivière, fleuve, marre, étang, forage (sans Chlore, ni sels). Un sac de jute peut être utilisé à la place du tissu perméable.

« Cette formulation de bio fertilisant que nous sommes en train d’appliquer a déjà été testée au Brésil avec des collègues chercheurs de l’EMBRAPA, des collègues béninois et un peu partout dans le monde scientifique. C’est pour cela que nous nous sommes inspirés de ça pour l’adapter à notre contexte », précise le formateur principal, Dr BANLA Tèkondo.

Un avenir meilleur pour la filière anacarde

De façon unanime, les participants saluent cette session de formation qui selon eux, répond à la fois à un enjeu de protection des vergers, de productivité, de réduction des coûts et donc de compétitivité de la filière anacarde de façon durable.

« On parle de bio fertilisants, ça veut dire que nous allons diminuer d’utiliser les engrais pour notre santé. Donc en tant que femme, au retour je vais faire la restitution à mes membres surtout mobiliser les femmes pour qu’elles s’outillent de ça pour une bonne amélioration de nos champs », soutient Mme Atti Atcha Bétré, conseillère à FNCPA Togo.

La Fédération Nationale des Coopératives de Producteurs d’Anacarde du Togo se réjouit de ce que chaque préfecture soit représentée à la formation. Elle s’engage à faire un suivi scrupuleux de la vulgarisation de ces formations jusqu’au producteur lambda au niveau de toutes les Scoops de base conformément aux attentes de l’ITRA et de la GIZ.

Il convient de préciser que cette initiative de l’ITRA s’ajoute aux efforts déjà entrepris par de l’État dans l’intention de booster la production de l’anacarde. On peut citer les formations de FBS (Farmer Business School) ou encore l’introduction de matériel végétal amélioré (greffon ou noix polyclonées) en plus des arbres élites anacardier du Togo.